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Le marché du digital learning, un écosystème dense, des outils nombreux… Comment s’en sortir ?

 

Avec nous, pour répondre à cette question, Alban Péan, Marketing Manager chez My-Serious-Game.

Retranscription écrite (ci-dessous)

 

Alban Péan : Bonjour Clément.

 

Clément Horvath : Est-ce que tu peux nous décrire le marché du digital learning d’aujourd’hui ?

 

AP : Oui complètement. En fait, comme tu l’as très bien dit au départ, je suis Marketing Manager dans l’équipe d’EdMill, et mon rôle est de comprendre et de déchiffrer le marché et d’aller à la rencontre des experts et de leur poser des questions : quel est leur intérêt, quelles sont leurs ambitions pour la formation du digital… ? On se rend compte forcément, à la suite de ces échanges, que le monde du développement des compétences, c’est en pleine mutation. C’est en pleine mutation et la question que j’aime bien leur poser c’est : comment en est-on arrivé là ?

 

Au fil des débats, on se rend compte que c’est aussi lié aux changements de paradigme et aux changements de la société en général, avec les nouveaux outils qui apparaissent, la nouvelle génération aussi – on a des nouveaux consommateurs – donc une nouvelle consommation. Si je prends un exemple, aujourd’hui on achète de moins en moins, on fait de plus en plus d’abonnements. On fait plus d’achats sur internet, on se déplace moins dans les boutiques… Donc c’est vrai que toute cette nouvelle génération vient nous amener à nous poser des questions : comment fait-on pour aller former des personnes qui ont des nouvelles habitudes de consommation ? Et si on ne se cale pas sur ces nouvelles habitudes de consommation, on va passer à côté de leur intérêt, ce qui serait vraiment dommage aujourd’hui.

 

Si on prend un peu de hauteur sur la question du digital learning, c’est avant tout la question des compétences, et j’aime bien citer cet exemple issu du World Economic Forum, ce grand forum qui a lieu tous les ans, qui réunit des économistes et qui font un état du marché à un instant T : en 2018 ils ont sorti deux grosses conclusions, ils nous parlent de 133 millions de créations pour 75 millions de destruction d’emplois. Donc, il y a deux choses à retenir : la première, c’est que finalement on va créer plus d’emplois qu’on ne va en détruire avec toutes ces nouvelles technologies qui arrivent. Et la deuxième, c’est que c’est enfin une étude qui nous rassure !

 

Ils nous donnent aussi une autre statistique qui est très intéressante et c’est sur celle-ci qu’on va devoir, je pense, travailler dans les années à venir : le monde a besoin de 101 jours de formation pour 2022 pour que les employés restent à niveau dans leur employabilité. Dû à des nouvelles compétences, dû à des nouveaux métiers qui vont arriver comme on en a parlé, de ces 133 millions de création et 75 millions de destruction. Donc ça fait vraiment un marché qui est chamboulé. Si on rentre maintenant, de manière plus précise, dans la formation professionnelle, et globalement les ressources humaines, on se rend compte qu’il y a aussi l’apparition de nouveaux termes. C’est-à-dire qu’on est sur des « hards skills », des « soft skills », on parle même de « power skills » chez le grand cabinet Deloitte.

 

On se rend compte qu’il y a des apprentissages qui ont devoir être mis en place derrière, que ce soit de manière micro ou de manière macro, parce que c’est vraiment le premier centre d’intérêt des ressources humaines aujourd’hui, que de développer les compétences des collaborateurs. On pense en premier lieu aux apprenants, mais finalement, qui va former les apprenants ? Ce sont des formateurs. Des formateurs-concepteurs, que l’on connaît aujourd’hui, et qui eux, peuvent avoir du mal, face au chamboulement de ces nouvelles habitudes de consommation à répondre cette inquiétude : « Comment vais-je attraper l’intérêt de ces nouveaux apprenants ? Comment vais-je pouvoir créer des contenus qui percutent et qui performent pour ces gens-là ? ». Donc le monde du développement des compétences n’y échappe pas, à cette grande révolution, et au contraire, je pense que les formateurs sont parmi les premiers touchés par rapport au rôle qu’ils ont de développer les compétences des personnes, dans un monde qu’on ne connaît pas, celui de demain. Et il y a une vraie accélération de cet écosystème.

 

CH :  Et ce marché du digital learning, qu’offre-t-il pour développer ces compétences ?

 

AP : En fait, le marché du digital learning, son problème c’est qu’il offre trop et plein de choses. On est vraiment sur un marché à deux vitesses. Moi j’aime bien prendre cette image, vous savez quand vous buvez du lait le matin, on voit souvent ces petits macarons de « la médaille d’or 2017 du meilleur salon de … » Il y a souvent cette récompense qui est attribuée. Finalement, nous en tant que consommateurs, on se dit que c’est génial, il a la médaille d’or, le lait doit être bon. Mais finalement, on ne sait pas ce qu’il y a derrière. On ne sait pas ce qu’il y a derrière, et les seuls qui connaissent cette signification du macaron, ce sont les spécialistes du secteur. Les spécialistes des personnes qui sont dans le lait. Et en fait, la formation, ce monde du digital learning, c’est un peu la même chose : on utilise plein de termes, on utilise des macarons, on utilise des mots qu’on ne comprend pas forcément, parce qu’on ne se parle qu’entre nous.

 

Et c’est ça le souci, aujourd’hui il faut être capable de démystifier ce qu’est le digital learning, pour que les outils puissent servir les formateurs et les concepteurs, et accompagner également les apprenants dans l’apprentissage, pour qu’on puisse aller de l’avant. Et qu’on arrête de ne se parler qu’entre nous, de se regarder le nombril, et qu’au final le message ne soit pas clair. Je vous donne un exemple pour le digital learning : aujourd’hui on parle de learning experience plateform, le problème c’est que avant ce nom, c’était learning management system. Beaucoup de personnes ne savent pas ce qu’est une learning management system, et on déjà au stade 2, de learning experience plateform. C’est quand même embêtant de se dire qu’on utilise des nouveaux termes alors que les gens ne maîtrisent déjà pas le premier. Comment fait-on pour avancer tous ensemble ?

 

CH : Donc les fameuses LMS, les LXP.

 

AP : Exactement. Encore une fois, c’est des acronymes, ça complexifie la chose. Vous voyez, le marché du digital learning est assez compliqué et c’est surtout qu’énormément d’outils existent aujourd’hui, il y a des entreprises qui se concentrent seulement sur de la création, d’autres que sur la diffusion, d’autres que sur l’adaptive learning (qui est compliqué à comprendre pour certains, qui se demandent comment ça fonctionne réellement), par exemple.

 

Il y a des personnes qui nous parlent aussi d’intelligence artificielle aujourd’hui, qui développent des outils et qui sont vraiment concentrés sur une dose de technologie, là où finalement, nous, on a aussi ce questionnement central : et la pédagogie, dans tout ça ? C’est cette question qu’on se pose et le problème c’est que dans le digital learning, avec toutes les révolutions qu’on a vu au niveau du marché, c’est compliqué, nous nous sommes trop tournés vers la technologie, et finalement nous sommes en train de perdre du sens dans les formations que l’on développe.

 

CH : Et du coup quelle est la solution à ce problème ?

 

AP : Les acteurs du marché pensent aux apprenants en premier, c’est très bien. C’est comme le client qui est roi aujourd’hui, vous allez dans une boulangerie, vous n’aimez pas le pain au chocolat, vous le dites au boulanger qui va essayer de modifier sa recette s’il n’a que des retours négatifs sur son pain au chocolat. Le problème c’est que pour qu’il puisse modifier sa recette, il faut qu’il soit formé à une nouvelle recette. Et le souci, c’est que ça existe très peu. Alors c’est bien d’avoir mis ce client au cœur de l’écosystème des créations, mais il faut aussi mettre les formateurs, les concepteurs au même niveau. Parce que si on avance en deux temps, c’est-à-dire les apprenants au pouvoir et les concepteurs, les formateurs qui courent derrière ces apprenants et essaient de faire au mieux, ça ne fonctionnera jamais.

 

La solution aujourd’hui, c’est que le concepteur doit être au centre des préoccupations, au même niveau que les apprenants. On doit lui offrir un écosystème où il se sent à l’aise, où la navigation est fluide, et il sait exactement ce qu’il doit faire parce qu’il est accompagné. C’est surtout ça le plus important. Aujourd’hui on vous met avec un logiciel de création entre les mains, si vous n’avez pas d’accompagnement, si vous n’avez pas un moteur de conseils –  et je ne parle même pas de pédagogie aujourd’hui, je parle seulement de technologie – c’est compliqué de s’emparer de la révolution digitale. On a même des outils aujourd’hui qui sont faits exprès pour se lancer dans les outils digitaux, vous vous rendez compte ? C’est-à-dire que c’est compliqué, le digital on en entend tous parler, on a tous notre niveau de maturité par rapport à ce sujet, le problème étant qu’il faut de l’accompagnement.

 

Et une fois que l’accompagnement est fait, on ne s’arrête pas là, il faut continuer, il faut répéter, il faut faire de l’accompagnement sur mesure tout au long de son expérience. Et chacun va utiliser un outil différemment de l’autre, et encore ici, il y a un intérêt à avoir un moteur de conseil dans l’utilisation d’un outil.

 

Ce qui est important ici, on parle de la formation, c’est donc ce volet pédagogique : très bien, on a accompagné sur la technologie, mais la pédagogie est aussi différente quand on doit faire passer des messages par le digital ou en présentiel. Et ça c’est un vrai métier et de vraies compétences à acquérir.

 

Il faut une montée en compétences du secteur de la formation professionnelle et des concepteurs pour être en mesure de se dire : « ok, aujourd’hui, on est en capacité de créer des bonnes formations. Parce qu’on a un moteur de conseils qui nous a recommandé, je prends de l’assurance sur ce que je suis en train de faire. » Et on le sait, quand on commence à avoir de l’assurance lorsqu’on réalise quelque chose, on va encore plus loin. Et donc : offrons aux formateurs un écosystème qui permet d’aller au-delà de leurs limites, et qui puisse leur faire prendre du plaisir dans cette passion qu’est la formation aujourd’hui. Et c’est pour ça, qu’avec toutes ces contraintes du marché, avec toutes ces prises de recul qu’on a eues, on s’est décidé à créer un écosystème du nom d’EdMill, qui va permettre de répondre à ces besoins. Qui va permettre d’accompagner les formateurs et les concepteurs. On ne délaisse pas les apprenants encore une fois, mais on remet le concepteur au même niveau que l’apprenant, pour qu’ils puissent avancer ensemble, main dans la main.

 

CH : Tu peux nous en dire un peu plus sur cet outil ?

 

AP : Disons qu’EdMill va reposer sur 3 piliers, hyper essentiels, par rapport à ce qu’on vient de se dire. C’est aujourd’hui notre baseline, notre signature : Transformer / Former / Performer.

 

Et on s’est vraiment liés au marché, aux contraintes de ce marché et aux nouvelles demandes. C’est-à-dire que le monde s’est transformé, on a besoin de former les personnes à ce nouveau monde, pour qu’ensuite on puisse tous performer dans celui-ci.

 

Si on transpose ce contexte dans EdMill, on va pouvoir former : former les formateurs qui vont pouvoir se former eux-mêmes dans leur montée en compétences sur ces créations de nouveaux modules de formation digitale. Ou rajouter du digital dans le présentiel, et donc s’ouvrir les portes du blended learning, c’est-à-dire avoir une phase en amont de digital, et une phase en aval de présentiel – ou l’inverse.

Enfin, le côté « Performer » : ce qui est intéressant, c’est qu’on les a accompagnées sur une première ingénierie. On sait que le plus important aujourd’hui, ce sont les données que vont générer les apprenants, parce qu’elles vont nous permettre de nous donner des signaux sur les performances de la formation, et de savoir si le contenu est bon, si le sujet a bien été traité… toutes sortes d’indicateurs hyper essentiels, pour que nous sachions nous situer et nous dire : « j’ai réussi à former des gens », ce qui est une très bonne chose. Mais c’est surtout en matière de réingénierie que c’est hyper important d’aller chercher ces analytiques, car on sait ce qu’il y aura à modifier.

 

Et donc il y a ce côté, « performer » : j’ai pensé à un plan A, et il y a un plan B qui m’est proposé si jamais il faut modifier le plan.

 

CH : Et pourquoi ce nom, EdMill ?

 

AP : EdMill, tout simplement parce que si on décompose : on a le côté « Ed », qui se rapporte à « éducation », la formation. Et « Mill » qui veut dire « le moulin », ou « l’usine », « la fabrique ». Et finalement on a associé ces 2 concepts :  créer de la valeur dans l’éducation à partir d’une matière brute que sont les connaissances, que l’outil va transformer en compétences.

 

CH : Et pour conclure, si tu devais définir EdMill en une phrase ?

 

AP : C’est un très bon exercice parce que d’habitude, c’est moi qui demande ça aux personnes que je rencontre. Moi je dirais que c’est un écosystème all-in-one, qui va nous permettre de créer, de diffuser et d’optimiser ces contenus de formation, avec un point d’honneur sur la qualité des contenus.

 

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